Le ministre du travail a lancé hier les concertations mais les instances syndicales contestent déjà le calendrier et les méthodes proposées par le gouvernement.
Les syndicats se sont opposés d’emblée au calendrier de la réforme et à la méthode proposés par le gouvernement, qui a annoncé l’examen début juillet d’un projet de loi en Conseil des ministres. C’est trop court pour réformer, jugent les syndicats.
FO : « Rien à négocier » sur l’âge et la durée
Selon le secrétaire général de Force ouvrière (FO), Jean-Claude Mailly, Eric Woerth « n’a pas été ferme sur les questions financières, mais sans le dire clairement, on sent bien que l’une des pistes privilégiées, c’est la question de la durée ou de l’âge, et là c’est le point de blocage ». Il n’y aura « rien à négocier » concernant ces deux points, a-t-il déclaré à l’issu de son entretien avec le ministre du Travail.
CGT : « Hors de question d’être mis devant le fait accompli »
Après avoir lui aussi rencontré Eric Woerth pendant plus d’une heure, le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault s’en est également pris aux méthodes du ministre : « Nous avons demandé (…) que le gouvernement programme une réunion avec l’ensemble des acteurs autour d’une même table, à savoir syndicats de salariés et organisations patronales ».
CFDT : Un calendrier « trop court » pour réformer
Le dirigeant de la CFDT, François Chérèque, est lui aussi monté au créneau, à l’issue de l’entretien avec le ministre du Travail. La CFDT n’a « jamais nié qu’il faille rentrer dans un débat pour faire évoluer notre système des retraites », a-t-il déclaré devant la presse, mais « le calendrier que nous propose le gouvernement nous semble trop court pour aller au fond des sujets ».
Jouer sur les paramètres traditionnels risque « d’accentuer les inégalités qui existent dans nos systèmes de retraites », a-t-il également expliqué.
CFTC : « On n’a rien sur la question des financements »
Du côté de la CFTC, l’irritation était également palpable. On n’a rien, rien sur la question des financements, rien sur l’élargissement de l’assiette », a déploré son président, Jacques Voisin, en sortant du bureau du ministre du Travail. C’est un « premier round d’observation qui nous laisse avec une certaine inquiétude ». « On a le sentiment que le ministre reste sur ses deux paramètres : l’âge et la durée de cotisation, et pas d’autres paramètres en perspective », a-t-il poursuivi, réaffirmant à son tour le refus de la CFTC de toucher à la retraite à 60 ans et son souhait d’apporter de nouvelles ressources au système.


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